La sclérose en plaques débute généralement à l'âge adulte, mais environ 5% des cas sont diagnostiqués durant l'enfance ou l'adolescence. Comme chez les adultes, la maladie
peut affecter les fonctions cognitives de ces jeunes malades -causant des troubles de la mémoire, des problèmes de l’attention...- ainsi que leur QI.
D’après les auteurs d’une étude italienne parue cette semaine dans Neurology, la revue de l’American Academy of Neurology, l’impact de la SEP sur les fonctions cognitives des enfants et des adolescents serait plus
dramatique que sur celles des adultes. Et les jeunes atteints de sclérose en plaques risqueraient davantage de présenter des problèmes de mémoire, d’attention, de réflexion… et un QI plus
faible.
L’étude a été menée par le Docteur Maria Pia Amato (professeur de neurologie à l’Université de Florence, Italie) et ses confrères du groupe d’étude sur la sclérose en plaques de la
Société Italienne de Neurologie, sur un échantillon de 63 jeunes atteints de sclérose en plaques et 57 jeunes en bonne santé,
âgés de 8 à quasi 18 ans (l’âge moyen étant 15 ans). Le groupe SEP était composé de jeunes qui souffraient d’une sclérose en plaques de type rémittente depuis 3 ans en moyenne, et dont le
score EDSS moyen était de 1,5. Quarante de ces jeunes avaient déjà suivis un traitement de fond, principalement l’interféron-bêta, pendant une durée moyenne de 1,3 an.
Les résultats ont fait apparaître que plus que la moitié des enfants et adolescents souffrant de SEP ont une altération de la fonction cognitive et un QI inférieur : près de 10% de
ces jeunes patients présentaient un QI particulièrement faible (<70), ce qui semblerait lié à l'âge d'apparition de la sclérose en plaques. En effet, plus un enfant est jeune au moment de
son diagnostic de SEP, et plus il/elle serait susceptible d’avoir un QI inférieur à celui des enfants chez lesquels la SEP a débuté moins précocement.
Par ailleurs, environ 30% des enfants souffrant de sclérose en plaques avaient également des difficultés de langage, ce qui n'est pas aussi fréquent chez les adultes atteints. "Nous
avons observé des problèmes notables dans la communication verbale et la mémoire visiospatiale, l'attention et les différents aspects des fonctions d’exécution", ont déclaré les auteurs.
"L'extrapolation de ces résultats pourrait prédire un impact fonctionnel important, car les compétences faisant appel à ces facultés sont de plus en plus indispensables pour la poursuite
d'études universitaires ou supérieures."
Chaque jeune a été soumis à une batterie de tests neuro-psychologiques, qui ont permis d’évaluer ses QI, mémoire, attention/concentration, fonctions exécutives et
langage. Les chercheurs ont également évalué la fatigue et la dépression chez les patients SEP et chez les jeunes du groupe témoin.
Le QI moyen du groupe SEP s’élevait à 101,3 contre 120,5 pour le groupe témoin. Comme le résultat du groupe témoin était dans l’échelle supérieur, les chercheurs ont également comparé les
scores du groupe SEP avec un sous-groupe témoin de 40 jeunes dont le score moyen était de 106,2. Deux tiers des patients SEP contre près de 96% du groupe témoin avaient un QI de 90 ou plus,
dix-sept patients (28%) avaient un QI compris entre 70 et 89, et cinq patients (8,6%) avaient un QI<70 contre 2 jeunes du groupe témoin (3,5%). Le seul facteur prédictif significatif d’un
QI<70 dans la sclérose en plaques a été la précocité de l'apparition de la maladie : sur ces 5 patients, un seul cas avait débuté après l’âge de 13 ans, les quatre autres ayant été
diagnostiqués avant 13 ans.
Dix-neuf patients (31%) ont été considérés comme présentant une déficience cognitive significative (c’est-à-dire qu’ils ont échoué à au moins trois tests) et 32 patients (53%) ont échoué à au
moins deux tests. Les 19 patients présentant une déficience cognitive significative avaient un QI moyen de 81,2, comparativement au QI moyen de 109,8 pour le reste des patients. Un faible QI a
été la seule corrélation avec des troubles cognitifs.
Les trois quarts des patients présentaient par ailleurs des critères de fatigue importante (fait rappelant la nécessité d'évaluer et de traiter la fatigue chez les enfants atteints de
sclérose en plaques) et la prévalence de dépression de ces jeunes patients était de 6%.
Enfin, la sclérose en plaques affectait négativement le travail scolaire et les activités quotidiennes de 56% de ces jeunes patients.
Source : American Academy of Neurology, Etude
Cognitive and psychosocial features of childhood and juvenile MS - Amato, M, Goretti, B, Ghezzi, A, Lori, S, Zipoli,
V, Portaccio, E, Moiola, L, Falautano, M, De Caro, M, Lopez, M, Patti, F, Vecchio, R, Pozzilli, C, Bianchi, V, Roscio, M, Comi, G, Trojano, M. Pages: 1891-1897 (cliquer sur le lien pour accéder au résumé)
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