Déjà onze injections intra-musculaires, dont sept "en solitaire", sept doses auto-injectées dans le calme de ma salle de bain, le samedi soir après dîner...
Rien de bien exceptionnel, en fait : il ne s’agit finalement que de piqûres ! Mais au moment où j’écris ce billet, des patient(e)s SEP fraîchement diagnostiqué(e)s s’interrogent sans doute, certain(e)s craignant de se piquer en solo (je sais ce que c’est, j’ai éprouvé la même anxiété il y a quelques semaines…).
Aussi, laissez moi vous rassurer : l’auto-injection intra-musculaire, c’est facile !
Je m'assure d'avoir tout le nécessaire sous la main (en ayant préparé au préalable un petit plateau inox avec deux morceaux de coton, un petit pansement adhésif, de l’antiseptique et ma barquette d’interféron).
Je me lave les mains pendant 30 secondes.
Je prépare le médicament en me référant à la notice du produit (avec l’Avonex®, c’est très simple : le produit est déjà prêt à l’emploi, il n’y a qu’à insérer l’aiguille sur le corps de la seringue).
Je
détermine le site d’injection : le meilleur endroit est le tiers moyen de la cuisse, dans le grand muscle qui va du haut de la cuisse au genou (il suffit d'utiliser ses mains pour
localiser la zone et de veiller à changer de jambe à chaque injection).
Je nettoie la peau à l’endroit choisi, sur 5 cm environ en partant du centre vers l’extérieur, avec un coton imbibé d’antiseptique (personnellement, je préfère un antiseptique sans alcool, moins agressif pour la peau).
Je laisse sécher la peau.
D’une main, je prend la seringue et de l’autre, je tiens le muscle de ma jambe.
Je
place la seringue à un angle de 90° par rapport au muscle, puis j'insère rapidement l’aiguille dans la peau (sans enfoncer jusqu’au raccord).
Je relâche mon muscle.
Je saisis fermement le corps de la seringue avec ma main libre et de l’autre main, je tire doucement sur le piston de la seringue.
Si du sang apparaît dans la seringue, c’est pas de chance, c'est que j'ai piqué dans un vaisseau (bon, ça ne m'est jamais arrivé jusqu'à présent). Il est généralement préconisé de retirer l’aiguille, de jeter la seringue et de recommencer (vu que le prix unitaire de l’injection dépasse largement les 200 EUR, j'avoue que je me montrerai hésitante sur ce coup-là… Renseignement pris auprès d’infirmières D.E., il suffirait de ressortir très légèrement l'aiguille de la cuisse afin de la déloger du vaisseau. A chacun de voir en son âme et conscience...).
S’il n’y a pas de sang, j'injecte le médicament en poussant lentement sur le piston, en maintenant fermement la seringue tout au long de l’opération.
Lorsque le produit est injecté, je retire rapidement l’aiguille et je compresse immédiatement le point d’injection avec le second coton imbibé d’antiseptique.
Je jette l’aiguille et la seringue usagées dans un collecteur spécifique (surtout pas dans la poubelle domestique, c’est interdit !).
Je place le pansement adhésif sur le point d’injection.
La plaisanterie aura duré 5 minutes montre en main et ensuite… et bien, on est samedi soir et la soirée ne fait que commencer. Allez, qui prendra un petit café ?
Je me sauve avant que tu m'attrapes !?
Bise.