Jeudi 29 novembre 2007

On comprend souvent mal la notion d’ "acceptation" : les patients ont généralement l’impression que s’ils acceptent leur maladie, ils baissent les bras. Il serait plus sain de considérer l’acceptation comme le fruit d’un laborieux processus visant à faire le deuil de sa santé, de la perception qu’on avait de soi ou d’autres pertes entraînées par la maladie. Cette démarche prend certes du temps, mais on apprend, au bout du compte, à vivre mieux avec la sclérose en plaques.

Accepter permet au patient de se rendre compte qu’il n’a aucune maîtrise sur le diagnostic, mais qu’il demeure maître de sa santé et de ses réactions aux changements liés à la sclérose en plaques. Savoir ce qui est primordial pour lui et canaliser son énergie et ses capacités vers ces buts sont des éléments essentiels à sa satisfaction personnelle.

Comment savoir que si on a accepté la sclérose en plaques dans sa vie ?

Il ne faut pas oublier que l’acceptation est un processus continu. Des changements et des pertes peuvent ramener le patient en arrière sur le chemin de l’acceptation. Par contre, certains signes indiquent qu’il compose sainement avec la SEP et qu’il garde espoir.

Voici quelques-uns de ces signes (adaptés de "Multiple Sclerosis : New hope and practical advice for people with MS and their families" de Rosner & Ross) :

• Réagir émotionnellement de temps à autre est tout à fait normal ; après tout, vivre avec la sclérose en plaques peut être frustrant. Mais lorsque le patient a accepté la maladie, il ne subit plus d’accès de dépression, de colère et d’amertume aussi régulièrement ; il demeure optimiste tout en sachant qu’il devra peut-être revoir certains projets si la fatigue l’accable ou si ses symptômes ou ses incapacités s’aggravent. Et le patient peut adapter ses objectifs à ses capacités changeantes, dans les domaines du travail, des loisirs et des relations.

L’acceptation de sa situation permet aussi au patient d’accepter élégamment l’aide des autres, tout en trouvant ses propres moyens de leur rendre service en retour, de maintenir une image positive de lui-même et de trouver des moyens d’assumer autrement son rôle de conjoint, de parent, de collègue de travail ou d’ami.

• Veiller à sa santé est une énorme responsabilité. Nous avons tendance à prendre notre santé pour acquise jusqu’à ce qu’elle soit menacée. L’acceptation implique la recherche de moyens de maximiser sa santé et de ressources capables d’aider à la maintenir au plus haut niveau possible.

• Et par-dessus tout, le patient saura qu’il a accepté sa maladie lorsqu’elle ne sera plus au centre de sa vie. Le défi est de taille et, parfois, un réel fardeau, mais il faut que le patient soit convaincu que, malgré la sclérose en plaques, il est toujours la même personne...

Par Dr J. Rodgers, psychologue clinicienne à l’Hôpital de l’Université de l’Alberta (Canada)


par missbizz publié dans : Et d'abord, on fait face ! communauté : SEP(sclérose en plaques)HANDI
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Commentaires

Merci Missbizz,

Cela fait toujours du bien de lire, d'entendre que nous restons toujours la même personne en dépit de la maladie.

Nous sommes tant "chamboulés" que nous avons parfois beaucoup de mal à nous retrouver.

Michelle
commentaire n° : 1 posté par : Michelle le: 29/11/2007 12:22:12
Pas facile tout ça...
commentaire n° : 2 posté par : pandora (site web) le: 29/11/2007 18:36:20
"Accepter permet au patient de se rendre compte qu’il n’a aucune maîtrise sur le diagnostic, mais qu’il demeure maître de sa santé.."

C'est pas un peu antinomique ça ? J'imagine qu'il faut distinguer les apparences et la réalité, et ce aux différents stades d'évolution de la maladie. C'est un peu comme la mort, c'est quand on s'en approche vraiment qu'on en prend conscience et qu'on peut ou non l'accepter, non ?
Mais je crois que malade ou non, il est difficile de savoir ce qui est primordial pour soi et de canaliser son énergie et ses capacités vers ses buts en vue d'une satisfaction personnelle.
Je ne suis pas pour ce concept d'acceptation de la maladie qui tend à marginaliser le patient, car il est avant tout un Homme, et que comme tous les êtres humains il doit trouver sa place. Gros, maigre, grand, petit, laid, beau, noir, blanc, malade, en bonne santé, toxico, sportif etc.. même combat. La vie se charge de rappeler chacun à l'ordre de divers façons, mais c'est la vie, et si elle semble plus dure pour certains, elle l'est sûrement encore plus pour d'autres.
La seule vraie question pour moi étant de savoir si on accepte la vie ou non ! ;)
commentaire n° : 3 posté par : Olive (site web) le: 29/11/2007 22:46:39
Certes, Olive, c’est effectivement un peu mal tourné… Le terme « maître » est plutôt fort en l’occurrence, vu que du point de vue santé, on ne maîtrise malheureusement pas grand-chose : on compose avec des maux, on peut faire des choix (ou non, de traitements par exemple), on peut prendre des habitudes de vie qui soient saines..., mais de là à être « maître de son état de santé », il y a effectivement une marge… Nota : il faudra que j’en parle au Dr Rodgers, dont j’ai rapporté ici les mots ;o)

Ceci dit, j’aurai tendance à être synchrone avec toi sur ce point : accepte-t-on ou pas de vivre ? et si oui, jusqu’à quel point est-on prêt à continuer de l’accepter ?
commentaire n° : 4 posté par : Missbizz le: 29/11/2007 23:36:49
tout ceci est troublant...je ne suis pas atteinte, donc je ne peux ressentir exactement vos douleurs physiques ou psychologiques.. j'ai d'autres galères personnelles également incurables ( nul n'est parfait )et mon fils est paraplégique, donc je me suis intéressée à ton blog, d'ailleurs très bien fait. mais sur ce domaine précis de la Sep,je n'ai heureusement pour moi aucune expérience..
j'espère sincèrement que le mental restera tjrs aussi fort..amitiés..
commentaire n° : 5 posté par : clothylde (site web) le: 02/12/2007 18:07:22
Clothylde, la SEP est une croix parmi tant d'autres... et chacun a la sienne à porter, un jour ou l'autre : je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'être atteint de ce mal précisément pour ressentir ou comprendre notre fardeau... il suffit juste parfois d'avoir envie de s'intéresser au problème, comme tu viens de le faire ;o)
Merci à toi.
réponse de : missbizz (site web) le: 03/12/2007 09:54:07

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