Jeudi 1 mai 2008
D’après une étude préliminaire qui
vient de paraître dans la revue britannique Journal of Neurology, Neurosurgery and
Psychiatry, l'antidépresseur Prozac® pourrait contribuer à
freiner l’activité de la sclérose en plaques de forme rémittente.Une équipe de chercheurs néerlandais a traité, sur une période de 24 semaines, 40 patients non dépressifs mais atteints de la forme rémittente de sclérose en plaques, avec soit de la fluoxétine (Prozac®) à raison de 20mg par jour, soit un placebo. Des IRM cérébrales détaillées ont été réalisées toutes les quatre semaines afin de vérifier l’apparition éventuelle de nouvelles zones inflammatoires (plaques).
Sur les 40 personnes, 38 patients (19 dans chaque groupe) sont allées jusqu’au bout de l’étude. Les IRM de contrôle ont montré que ceux du groupe placebo présentaient davantage de nouvelles plaques que ceux traités avec le Prozac®. Les effets bénéfiques ont commencé à apparaître au bout de huit semaines, ce qui correspond à la période nécessaire pour que l’inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) -classe de médicaments dont le Prozac® fait partie-, commence à faire effet pour soulager la dépression.
Le nombre moyen de nouvelles zones affectées était supérieur à cinq dans le groupe placebo, tandis qu’il était inférieur à deux dans le groupe Prozac®. Une IRM sur quatre montrait de nouvelles plaques chez les patients traités avec le Prozac®, ce chiffre passant à quatre IRM sur dix chez les patients du groupe placebo.
Par ailleurs, au cours des 16 dernières semaines de l’étude, près des deux tiers des patients (63%) du groupe Prozac® ne présentaient pas de nouvelle zone inflammatoire, contre seulement un sur quatre (26%) dans le groupe placebo.
Les auteurs de cette étude restent prudents compte-tenu de la petite taille de leur échantillon ; des études à plus grande échelle seront nécessaires avant que des conclusions puissent être tirées.
Mais ils précisent que leurs résultats sont "suffisamment encourageants pour justifier la poursuite des études avec la fluoxétine chez des patients souffrant de sclérose en plaques", ajoutant que des doses plus élevées et des combinaisons de traitement avec d'autres médicaments modifiant la réponse immunitaire pourraient être envisagées.
Le compte-rendu de l'étude paru dans la revue scientifique britannique est disponible en ligne, en anglais et au format pdf :
par missbizz
publié dans :
Thérapeutiques : des armes pour se battre
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