Malgré les efforts de la recherche pour mieux connaître la sclérose en plaques et tenter de la vaincre, aucun des traitements actuels ne permet une guérison totale et définitive.
Ils sont cependant importants pour la qualité de vie des patients. Petit tour d’horizon des principales médications disponibles…
Traiter les poussées
Lorsqu'une poussée survient et qu'elle s'avère gênante pour le patient, il faut en réduire l’intensité et la durée.
Traitement ponctuel, les corticoïdes sont alors utilisés en perfusion
à hautes doses (bolus de Solumedrol® par exemple), le patient étant en général hospitalisé sur une courte période (3 à 5 jours). A l’issue de ces perfusions, des
corticoïdes à plus faible dose peuvent être prescrits par le neurologue, ils sont alors pris par voie orale pendant 10 à 15 jours. A noter que pendant toute la durée du traitement, une alimentation pauvre en sel et en sucre est fortement conseillée.
Ralentir l’évolution naturelle de la maladie
Ils existent différents types de traitements de fond. Parmi eux, on peut noter :
Les immuno-modulateurs : traitements de fond classiques, ils limitent les excès du système immunitaire et permettent donc d'atténuer l'attaque inflammatoire
de la myéline.
Les principaux représentants des immuno-modulateurs sont les interférons bêta-1a et 1b, substances naturellement produites par certaines cellules immunocompétentes de
l’organisme, qui jouent un rôle important dans le contrôle de la réaction inflammatoire : les interférons bêta ont ainsi le pouvoir de limiter la réaction inflammatoire.
Leur efficacité dans la sclérose en plaques consiste en une diminution de la fréquence des poussées et du risque de progression du handicap.
Ils sont administrés par injections, soit par voie intra-musculaire (Avonex® 1 fois par semaine), soit par voie sous-cutanée (Rebif® 3 fois par semaine, et
Betaferon® tous les 2 jours).
Un autre immuno-modulateur, l'acétate de glatiramère (Copaxone®, 1 injection sous-cutanée tous les jours), se montre efficace sur la réduction de la fréquence
des poussées et est également utilisé comme traitement de fond de la SEP.
La prescription des immuno-modulateurs est obligatoirement réalisée par un médecin neurologue, spécialiste ayant l'expertise nécessaire pour s'assurer que le patient remplit bien les conditions
nécessaires (critères de certitude diagnostique et d’IRM) et qu’il ne présente aucune contre-indication au traitement.
Les anticorps monoclonaux : le natalizumab
(Tysabri®), inhibiteur sélectif des molécules d’adhésion, est indiqué dans les formes très actives de sclérose en plaques rémittente. Administré mensuellement par perfusion,
cette catégorie de médicament nécessite également une surveillance à l’hôpital.
Les immuno-modulateurs et le natalizumab sont des traitements de fond à prendre au long cours, pendant des mois voire des années, contrairement aux corticoïdes qui ne sont utiles qu’au moment des
poussées. Le neurologue pourra déterminer, selon l’évolution du patient et ses motivations, et en accord avec lui, la durée précise du traitement de fond.
Les immunosuppresseurs : ils fonctionnent en attaquant directement les cellules
immunocompétentes. Compte-tenu de leur toxicité, ils sont prescrits pour des durées plus courtes (quelques mois à deux ans selon le cas) et nécessitent une surveillance très
étroite en milieu hospitalier.
La mitoxantrone (ELSEP®) est indiqué dans les formes agressives et
récidivantes de SEP. Sa prescription est réservée aux neurologues en service de neurologie et limitée par une toxicité cardiaque et hématologique. Il est administré en perfusion
mensuelle.
Le cyclophosphamide (Endoxan®) est proposé pour les formes agressives de
SEP ou aux formes progressives (secondaires ou primaires) lorsqu’il existe une progression rapide et documentée du handicap. Il est également administré en perfusion mensuelle.
L’azathioprine (Imurel®) est proposé aux patients évoluant par poussées et
présentant une intolérance aux injections sous-cutanées (il s'agit d'un médicament par voie orale). Ses effets toxiques à long terme limitent sa prescription.
Soulager les symptômes
Des traitements symptomatiques sont prescrits au cas par cas pour soulager les manifestations de la maladie
présentés par chaque patient. Généralement administrés par voie orale, ils peuvent être pris conjointement avec les traitements de fond. Il s'agit notamment :
- de médicaments contre la
spasticité ou raideur des membres ;
- d'anti-asthéniques pour
lutter contre la fatigue (l'association à un soutien psychologique peut s'avérer utile) ;
- de médicaments à visée
urinaire qui seront prescrits selon que le patient se plaint de troubles de la vidange ou au contraire du remplissage de la vessie (leur prescription sera en général
précédée d'un bilan urodynamique pour évaluer les troubles de la vessie et si, par ailleurs, s'il y a une infection urinaire, des antibiotiques seront prescrits) ;
- d'anti-dépresseurs et
anxiolytiques pour traiter la dépression (ici aussi, une psychothérapie de soutien peut être également utile) ;
- de laxatifs ou
anti-spasmodiques pour les troubles intestinaux ;
- de traitements à visée sexuelle (accompagnés
ou non d'une sexothérapie).
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