Septembre 2007. Boudiou, que c'est long un mois... et comme c’est court à la fois. Surtout quand on doit faire des choix qui ne sont pas si
simples.
Côté pile, je profite actuellement d’une qualité de vie tout à fait normale : pas de douleur, pas de
problème particulier, tout au plus une pichenette de lésions supplémentaires dans le cerveau… ce qui veut dire que, même si mon mal se développe lentement, il n’en est pas pour autant stoppé.
Quid, donc, de mon état dans un avenir plus ou moins lointain si je n’entame pas dès à présent un traitement préventif.
Côté face, je ne prends plus le risque d’attendre que les choses se gâtent et commence sans plus tarder le
traitement de fond… en acceptant le principe de m’injecter entre une à quatre fois par semaine (selon le cas) un produit fréquemment accompagné d’effets indésirables tels que syndrome
pseudo-grippal, réactions au site d’injection, fatigue, dépression…
Rhâaaaaa, je n’ai pas envie de morfler quand je vais bien !... mais je ne veux pas non plus, pour moi
et pour mes proches, regretter un jour d’avoir trop attendu. A force de tergiversations, j’assimile enfin le fait que je suis malade et qu’il serait donc bon que je me
soigne.
Commence alors un second dilemne : quel traitement
préférer à l’autre ? Compte-tenu de mon profil (celui des "patients ayant présenté un seul événement démyélinisant, accompagné d'un
processus inflammatoire actif, s'il est suffisamment sévère pour nécessiter un traitement par corticostéroïdes par voie intraveineuse, si les diagnostics différentiels possibles ont été exclus et
si les patients sont considérés à haut risque de développer une sclérose en plaques cliniquement définie"... ouf, rien que ça), le neurologue m’a proposé de choisir entre deux
traitements sur les quatre existants.
Des points de vue indication, efficacité, rapport bénéfice/effets indésirables et coût (quasiment 1000 euros par mois de traitement... ah oui, quand même),
c’est kif-kif bourriquot. Dans les deux cas, il s’agit de toute façon d’interférons bêta par voie injectable. Diffèrent le mode et la fréquence des
injections : pour l’un, il s’agit d’une injection intra-musculaire (aïe, pas évident à se faire tout seul) hebdomadaire (cool) ; pour l’autre, les injections sont
sous-cutanées (plus facile, ça !) à répéter tous les… deux jours (pffff, pas top du tout).
Pendant des jours, des nuits aussi, je me tâte, interroge, lis des dizaines de témoignages dans les fora médicaux et de pages sur les sites spécialisés, pèse le pour
et le contre, me demande ce qu’il est préférable de choisir entre la peste et le cholera, écoute les conseils de ceux qui m’aiment et "feraient comme ci plutôt que comme ça s’ils étaient à ma
place"…
… and the winner is l’intra-musculaire hebdomadaire. Quitte à être mal foutue pendant
24 à 36 h après la piquoûse, autant que ce ne soit qu’une fois par semaine ! Et tant pis si le geste d’auto-injection est moins évident à acquérir au départ (ben oui, j’appréhende quand
même de jouer aux fléchettes avec mes jambons…).
Forte de ce choix mûrement réfléchi (enfin, je crois), je revois donc le neurologue le 6 octobre, prête à démarrer sur les chapeaux de
roue… mais c’est un faux départ qui m’attend ce jour-là : votre médecin traitant doit faire une demande préalable à ma
prescription du traitement pour sa prise en charge spécifique à 100%. Je crois rêver !
Euh… Docteur, je vous rappelle que je suis DEJA prise en charge en ALD, et ce depuis 2003. Et bien non, apparemment ce
n’est pas suffisant, les procédures ont changé depuis… Mon généraliste doit faire de la paperasse pour le neuro (et allez donc, encore une consultation en perspective, tout ça pour un
papier), et en plus il faut compter trois, voire quatre semaines, avant d’obtenir l’accord de la Sécu… J’étais gonflée à bloc, psychologiquement mûre pour le grand plongeon, tant pis
ce ne sera pas pour cette fois-ci.
On se revoit le 12 novembre. Voilà une ordonnance pour le bilan sanguin préalable au traitement, à faire dès que vous aurez l’accord, et avant votre prochaine
consultation. Au fait, le dévédé du laboratoire que je vous ai remis la dernière fois… vous l’avez trouvé comment ? ça vous suffit pour l’auto-injection ?
Là je ne rêve plus, mais j'hallucine ! Euh… non, pas vraiment. Le dévédé, c’est plutôt une plaquette publicitaire sur
support numérique, je trouve. De là à dire qu’avec ça, on apprend à se piquer…
Bon, et bien le 12 novembre, vous verrez d’abord l’infirmière à 16 heures, avant notre rendez-vous de 17 h 30. Elle vous fera une démonstration. Au revoir
Madame, et à bientôt…
Vous avez réagi...